Cinéma en bibliothèque : Quelles politiques documentaires pour quels publics ?

Restitution de mes notes (donc billet sujet à des approximations, les commentaires sont là pour me corriger) lors de la journée Cinéma en Bibliothèque organisée par l’ARPEL et l’IUT Métiers du livre de Bordeaux 3 (le 9/04/2009 à la bibliothèque de Mérignac).

Historique des collections vidéo en bibliothèque (Alban Pichon – IUT Michel de Montaigne)

BPI : Dès 77 BPI à une politique vidéo.
Plutôt orienté vers les documentaires.
En 2004, elle numérise son fonds. Cela pose des problèmes droits. 1000 films n’ont pas pu être numérisé au départ.

Fonds vidéo en médiathèques :
DVP des fonds vidéo doivent bcp à la mission de la DLL.
Mise en place d’un catalogue national des films documentaires.
A partir de 92 les droits de prêts sont négociés.
Fonds type : 2/3 de fiction, 1/3 de documentaires.
Ouverture sur la fiction « grand public », ouverture vers les séries TV.

 

Les publics de l’image animée et bibliothèque (Christophe Evans – Chargé d’étude en sociologie au service Etudes et recherches de la Bpi)

Intervention centrée sur les pratiques des jeunes

Etudiant qui viennent travailler à la BPI avec leur portable : ils amènent leur univers (leur musique, leurs films, MSN…). L’observation des pratiques s’en trouve élargie.

Les nouveaux nomades sont ceux qui sont partout chez eux.

Rapport contemporain aux images animés : culture de l’écran et culture numérique :
Cinéma : les 15 -24 ans sont ceux qui vont le + au ciné.
89% des 12-17 ans connectés au domicile.
56% ont téléchargé des films et 22% suivent la TV sur Internet.
Fréquentation est corrélée positivement avec l’utilisation d’internet (au contraire de la TV) : pas de concurrence mécanique. Chez le 20-24 Internet a détrôné la TV. Mais la tv reste actuellement le 1er média pour s’informer.

Progression exponentielle des sites de partages de vidéos : il y de la consommation et de la PRODUCTION !
Le jeunes visionnent des séries TV en streaming (piraterie douce = les gens n’ont pas consciences de pirater).
Il y a une prise de contrôle sur la vidéo : on visionne quand on veut, on choisi le moment de la diffusion.

Culture de l’écran et culture numérique des jeunes :
15-19 ans : films préférés : action, horreur, aventure, comiques (crédoc 2005)

Caractéristiques des screenagers :
ATAWAD : anytime, anywhere, any device.
Culture numérique est ludique, dynamique, personnalisée, fulgurante (faut que ça soit immédiat) et réticulaire (Lardellier 2007) : c’est pas vraiment la culture du codex, ni celle sur laquelle les bibliothèques ont construit leur modèle.
Enormes progrès sur l’anglais, notamment sur l’accent avec les séries TV
Intérêt fort pour le gratuit : le gratuit auxquels ils font référence est plutôt un gratuit communautaire. Le gratuit institutionnel comme celui des bibliothèques leur semble un peu ringard.

30% de 15-19 inscrits en bib consomment du JV.
Il y a un cumul des pratiques culturelles chez les jeunes qui fréquentent les bibliothèques.
Les bibliothèques ne sont pas vues comme des lieux d’images et de sons mais encore vu comme le temple du livre.
Peur que les films proposés en bibliothèque ne les intéresse pas. Invalidation de principe : l’image n’est pas bonne donc pratiques faibles.

L’offre de film à la BPI :
2829 titres à visionner.
463 programmes accessibles sur demande via arte VOD.
¼ des personnes interrogés en 206 à la BPI ne connaissaient pas cette offre.
Il ne suffit pas de montrer les choses pour que l’idée passe. Les gens ne pensent pas qu’il y en a et refusent de le voir.
ARTE vidéo : 8 DL par jour. Propose un fonds de fiction.
Certaines personnes qui viennent voir des reportages, docs sur leurs régions d’origine. Usage qui peut devenir très intensif.

Favoriser le visionnage sur place et à plusieurs (Intermezzo à Toulouse)

Penser à une pédagogie de l’image. Image animée est largement dévalorisée. Très eu sa place à l’école. Les bibs doivent contribuer à cet enseignement.

Stratégies de communication doivent sortir des bibliothèques pour donner une visibilité à l’offre des bibliothèques.

Il y a une attente pour les secteurs/espaces pré-ados mais il y en a très peu. Ils veulent des espaces où on les laisse tranquille.

 

Offre éditoriale et catalogue pour les réseaux éducatifs et culturels (Michel Klein et Agnès Bovet – ADAV)

ADAVISION : service de VOD pour prêt et consultation sur place non commerciale.

Les droits : vente de DVD avec des droits spécifiques aux usages attendues pour les bibs (droit de prêt, droit de consultation sur place).

Accords différents selon les éditeurs :

  • Certains catalogues uniquement dispos en prêt.
  • Certains considèrent cela comme de la location à 0€, et propose l’offre classique pour les loueurs de vidéos.
  • Les majors américains, en général, ne proposent que du prêt.
  • Catalogues dispos pour prêt et consultation (les 2 droit sont attachés; on a pas le choix de l’un et de l’autre.
  • Catalogue en double référencment : disponibilité du droit de prêt uniquement ou droit de prêt et de consultation sur place.

La politique de prix est assez diverse.

Travail avec les producteurs indépendants :
Phase de recherche de films, de sélection.
Films à intérêt documentaire, films ayant un intérêt sur l’éducation à l’image.

Le référencement :
Le catalogue 50% de fiction. Pour le reste bcp de documentaires et un peu de jeunesse.

Phase d’éditorilisation pour éviter de faire juste un catalogue à La Redoute, donner à voir, s’y retrouver.
Mise en avant de certaines productions (adavévénement).
Cahier Vidéothèque : revue trimestrielle.
La Thémathèque : liste de films sur des sujets de sociétés. Plus de 60 listes déjà dispo. Objectif de faire vivre le fond de catalogue.
Adavmasterclass : offre triple : animation, expo, liste de films

Volonté de défendre un certain type de films et de cinéma.

 

Rôle des médiathèques en matière de médiation au cinéma (Dominique Rousselet – Médiathèque de Villepinte – Formatrice Images en Bibliothèques)

Le cinema a une valeur en soi dans la médiathèque. Ce n’est pas un produit d’appel pour le livre.
Secteur image devrait être considéré comme tout autre espace.
Tous le genres devraient être représentés.
Une collection qui ne se voit pas, c’est une collection qui n’existe pas.
Besoin d’un espace propre. Rassembler les supports : on rapproche les livres sur le cinéma des DVD par ex.

Normes AFNOR de catalogage de vidéo date de 98.
Mise en valeur des collections via les catalogues.
Indiquer les bonus DVD intéressants.

Programmation des films, les diffuser dans les bibliothèques.
Indispensable de montrer les films en bib.
Progammation de film : montage. Se poser la question des rapports des films entre eux. Faire se rencontrer les films et les public.
Programmation doit être régulière : fidélisation du public.

Mettre en place des réseaux, des partenariats. En particulier sur des animations.
Travail avec une salle de cinéma : meilleurs conditions d’accueil, meilleur qualité de projection.

Tous les publics peuvent voir tous les films, il faut juste les accompagner. Programmation de films est construite comme un lieu d’échange. Accompagnement de l’oeuvre. Montrer des films c’est aussi en parler.

Programmations ponctuelles, événementielles. Peut être fait avec des films loués pour l’occasion avec d’autres partenaires par exemple.

Faire des animations sur la fiction peut être intéressant mais problèmes de droits pour montrer des extraits.

 

A partir de là mon PC n’avait plus de batterie et je n’ai pas encore eu le temps de reprendre mes notes manuscrites mais en gros :

– Présentation des secteurs images de :

  • La Médiathèque de Villepinte (Dominique Rousselet – Médiathèque de Villepinte)
  • La Bibliothèque départementale de prêt de Dordogne (Marie-Josée Mallet – Bibliothèque Départementale de Prêt de la Dordogne)

– Débat dans la salle sur les droits d’auteur et le manque d’exceptions pour les bibliothèques pour pouvoir expérimenter.
– Synthèse de la journée (Estelle Caron – Espace Histoire Image, Médiathèque de Pessac – Présidente d’Images en Bibliothèques)

Les présentations des intervenants devraient être prochainement disponibles sur les sites de l’ARPEL et de l’IUT. Une synthèse complète de la journée sera publiée dans Bibliothèque(s), la revue de l’ABF.

 

Conclusion personnelle : il y a encore du boulot pour rendre visible l’offre des bibliothèques auprès du public et pour se détacher de l’image de temple du livre.
On a (quasiment) pas évoqué la VOD et les initiatives possibles en rapport avec les contenus des utilisateurs (voir concours Biblioclip de la BFM de Limoges).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *