4e journée Couperin sur le livre électronique : comptes rendus en ligne

Les comptes rendus des présentations du 31 mars dernier sont en ligne sur le site de Couperin.
A lire notamment : «Modèles économiques, DRM et piratage : halte aux fantasmes !» de Xavier Cazin des Editions O’Reilly France (on pourra aussi consulter leur blog : immateriel.fr).

Je rajoute quelques notes personnelles sur les présentations non disponibles en ligne :

  • « Livres électroniques : pour une compréhension des besoins étudiants » (Henri Isaac, auteur du rapport « Université numérique« , rendu en janvier 2008.)

La révolution numérique est une révolution industrielle. Comme à chaque révolution industrielle, il y a des tâtonnements. Il est difficile de construire les offres, de trouver un modèle économique pérenne.

Les étudiants sont de moins en moins sur le campus, de plus en plus en stage, en alternance, à l’étranger… les temps de transport s’accroissent, beaucoup habitent loin des campus pour trouver des loyers moins chères. D’où le besoin d’accéder à distance à leurs ressources pédagogiques. Exemples : pouvoir réécouter leurs cours en podcast, mettre les cours et les powerpoints en ligne. Les étudiants attendent même que ça aille plus loin : des exercices en ligne, podcasts vidéos.
Besoin de ressources bibliographiques accessibles de n’importe où : bases de données, bases bibliographiques, livres numériques…

De nouvelles formes pédagogiques se développent à l’aide de blogs, de wikis (voir le plateforme de Paris V).
Les blogs d’auteurs de manuels permettent un retour et une construction collective de la connaissance.

Objets des étudiants permettant de transporter et d’accéder à des données numériques : ordinateurs portables, téléphones portables, baladeurs MP3… De plus en plus d’objets portatifs et, malgré des signes de convergence, il n’y a pas encore d’objet unique.
Un reader ferait un objets supplémentaire. On devrait plutôt avoir un ensemble de services utilisable sur différents supports (« Book as a service »).
Usages des étudiants : surlignage, version audio en plus du texte, version mal voyants (XML Daisy), annotations et commentaires qu’on peut partager au sein de communautés, réaction, partage avec l’auteur, validation de remarques de lecteurs par les auteurs.

 

  • « Ebook-readers : le projet SYLEN…et les autres » (Jacques Angelé, Nemoptic)

Dans l’élaboration des livres électroniques, la référence actuelle reste le livre papier qui possède de nombreux avantages. L’encre électronique atteint aujourd’hui des résultats à peu près satisfaisants, surtout par rapport aux écrans plats classiques qui consomment beaucoup et qui sont des écrans rétro éclairés. L’encre électronique reflète la lumière ambiante, consomme très peu et permet d’obtenir des outils très fins et légers. Mais elle a encore du mal à atteindre la brillance (taux de réflexion) du papier et les écrans restent très chers à produire. Ces problèmes vont se régler dans les prochaines années.

Depuis 2-3 ans une quinzaine de modèles de livres électroniques sont apparus. Le marché potentiel est considérable malgré le marché actuel qui est minime. Tout le monde veut réaliser ce que Apple a fait avec son Ipod : en faire un objet de grande consultation avec une plateforme de distribution liée.
D’où l’importance d’objets connectés : achat, échanges avec d’autres lecteurs, mise à disposition de services à valeurs ajoutées, ventes ciblées…

Evolutions :
Amélioration des performances des écrans (couleurs, vidéos).
Prise en compte des fournisseurs de contenus (la vrai valeur est dans les contenus et dans la mise en place de services).
Ouverture vers de nouveaux modèles (gratuité du périphérique contre l’abonnement aux services, gratuité des contenus grâce à la publicité).

 

  • « Encre et papier électronique : continuité ou rupture ? » (Bruno Rives, fondateur de Tebaldo, Observatoire des nouvelles technologies)

Le papier électronique n’est pas forcement très écologique mais il l’est plus que les systèmes d’affichages électroniques (notamment ceux des lieux publics) car il consomme bien moins.

Il y a différents types d’e-ink, plus où moins flexibles et rapides pour l’affichage. On tend vers du rich media (son, vidéo). L’e-ink doit rester proche du papier : lisible, durable et permettant des utilisations diverses (outils affichage, outils de lecture).
L’E-ink pourrait être utilisé pour la signalétique en bibliothèque.

4 directions pour les readers :
– readers génériques
– readers personnalisés/adaptés (certaines universités ont fait créer des readers adaptés à leurs étudiants)
– outils hybrides (EeePC-like, Nintendo DS)
– papiers vierges qui se remplissent à la demande, à proximité de bornes

Les formats : l’Epub est un format assez ouvert mais pas assez orienté rich média donc il faut d’autres formats.

Distribution de contenus : Service de conversions de sites Internet et de blog dans des formats compatibles avec son reader par Amazon.
Distribution par bornes communiquant avec les readers (possible en bibliothèque).

Intérêt des bibliothèques face aux readers :
– toujours besoin d’orientation, de rencontres, d’imprévu, de guides
– besoins de ressources : types de readers particuliers, feuilles communicantes, très haut débit
– Lieu physique, animation de communautés

Conclusion : l’e-ink va prendre le pas sur l’encre naturelle mais le papier ne va pas disparaitre. Besoin d’expérimentations

A noter que Daniel Bourrion, l’homme qui met des e-books dans sa BU, a aussi fait un compte rendu et a mis sa présentation en ligne.

Le livre électronique va-t-il trouver son public ?

Avec l’effervescence constatée depuis le début de l’année, notamment visible lors du salon du livre de Paris en mars, beaucoup parlent de 2008 comme l’an 1 du livre électronique.

Les tablettes de lectures disponibles en France (Iliad et Cybook Gen 3 principalement) ont encore du mal à se créer un marché auprès du grand public et la rareté des contenus disponibles n’aide pas. Aux USA, avec les succès du PRS-505 de Sony et surtout du Kindle d’Amazon, les ebooks sont déjà plus répandus.
Mais ces tablettes de lectures restent très chères et sont encore limitées technologiquement par rapport aux produits qui devraient voir le jour dans les prochaines années et à des prix similaires à ceux des lecteurs MP3 actuels.

L’encre électronique, technologie d’affichage utilisée pour les ebooks depuis 2004, permet d’avoir des écrans reflétant la lumière du jour, comme le ferait un support papier et limitent la fatigue oculaire habituellement ressentie face à des écrans rétro-éclairés comme ceux des ordinateurs.
Ce nouvel écran pourra tout aussi bien prendre la forme d’un support dur comme pour les tablettes de lectures actuelles ou souples et enroulables, comme pour le Readius qui doit sortir d’ici la fin de l’année. Il sera capable d’afficher de la couleur et d’animer des vidéos. Côté son, la capacité de lire des fichiers audios est déjà présente dans certains produits actuels.
Les tablettes de lectures seront capables de contenir des centaines de livres tout en gardant un poids extrêmement léger (quelques centaines de grammes au maximum). La fonction tactile de l’écran permettra une navigation simplifiée et l’annotation des textes.
Outils communiquants et communautaires, connectés à Internet par wifi ou réseau mobile type 3G, ils permettront le partage d’avis, de recommandations, de remarques mais aussi la navigation sur le web, l’envoi d’e-mails, la réception de flux RSS, la mise à jour permanente des journaux auxquels on s’est abonné…
Les usages possibles deviennent très étendus, à la fois pour le lecteur et pour l’auteur.

On peut imaginer, lorsque l’on lit un roman, pouvoir visualiser des photos ou des vidéos des lieux décrits par l’auteur, ou avoir un fond sonore en accord avec l’ambiance de l’œuvre ou même mêler fiction et réalité en ayant des liens hypertextes vers des articles de presse faisant référence à un évènement décrit dans le livre.
Entre deux chapitres, on pourra décider de consulter les dernières news du Monde avant de reprendre directement la lecture précédemment interrompue. S’il ne nous est plus possible de lire, on branchera nos écouteurs et on enclenchera la fonction « texte lu » et afin de connaître la suite du récit .
On n’oubliera pas, à la fin de sa lecture, de laisser son avis sur l’œuvre afin de garder une trace dans sa bibliothèque virtuelle et de pouvoir le partager avec d’autres lecteurs.

Du côté de l’auteur, les possibilités de développer de nouvelles formes « d’écritures » sont nombreuses, de la BD interactive aux œuvres les plus folles que pourront créer les plus inventifs.

Face au succès prévisible de tels objets, il semble urgent de développer les réflexions autour du livre numérique afin d’éviter d’être pris au dépourvu face à certaines dérives.
On peut craindre le développement de formats propriétaires et contraignants pour l’utilisateur. Actuellement les possesseurs du Kindle d’Amazon doivent acheter leurs livres numériques sur la plateforme d’Amazon comme Apple le fait pour la musique avec ses Ipod et sa plateforme Itunes.

Automazic, le retour